En 2005, Edgar Wright avait lancé un premier pavé dans la marre avec Shaun Of The Dead, une parodie «So British » du film de Zombie. Aujourd'hui c'est au tour de Ruben Fleischer, jeune réalisateur américain dont c'est ici le premier film de nous offrir sa version du film de zombie. Le résultat, une comédie hilarante qui ne se prend pas au sérieux et dont la paternité semble tout à fait assumée.
La race humaine est sérieusement menacée, depuis deux mois un virus se répand à travers le monde, transformant les infectés en zombies. Les survivants sont peu nombreux et désorganisés, préférant pour la plupart une errance solitaire. Au milieu de cet immense foutoir, quatre joyeux lurons vont malgré eux apprendre à se faire confiance afin de survivre dans l'espoir d'atteindre une zone franche, non infestée.
Je vous l'accorde, le scénar' ne casse pas des briques et a déjà été traité à de nombreuses reprises par le cinéma d'horreur et même d'anticipation. Oui mais voilà, Zombieland est une comédie où l'on se fait plus de mouron pour la santé des zombies que pour nos quatre héros. Le ton est donné dès le début du film lorsque Colombus (Jesse Eisenberg, toujours dans son style caractéristique de geek-puceau au grand cœur) nous narre en voix off que « les gros furent les premiers à mourir » bien incapables de fuir les hordes de zombies sprinteurs. Selon lui la survie tient au seul fait de suivre une liste de règles stricts censées le maintenir hors de danger. Sa rencontre avec Tallahasse (Woody Harrelson) risque pourtant bien de lui faire rapidement changer d'avis.
Parlons un instant des acteurs et en particulier de ce bon vieux Woody, qui depuis quelques années enchaine les petits rôles pourris dans des films indignes de son talent (qui a dit 2012 ?). Et bien Woody fait ici plaisir à voir, et incarne avec beaucoup de crédibilité un redneck-péteur de gueule, euphorique comme un gosse à la vue de la taille de son nouveau terrain de jeu. Le reste du casting est lui aussi tout bien comme il faut, pas d'erreur à l'horizon et même une vrai réussite grâce à Monsieur Bill Muray qui nous fait une apparition en tant que guest lors d'une scène tragi-comique qui restera à n'en pas douter dans les annales du film de zombie.
Mais Zombieland c'est aussi et surtout un zombicide d'une heure trente, chaque massacre étant mis en scène avec beaucoup d'imagination et une esthétique indéniable. On ressent à chaque fois un plaisir (coupable?) et la jubilation n'est jamais loin. Alors oui on pourrait reprocher au film son scénar' un peu bateau ou le road-movie prend parfois le dessus sur l'action en elle-même ainsi qu'un petit passage à vide au milieu du film (comme c'est malheureusement souvent le cas dans ce genre de films) mais ne boudons pas notre plaisir, les productions à la fois innovantes, drôles et qui ne véhiculent pas de messages politiques et/ou philosophiques à deux sous se faisant plutôt rares ces derniers temps, don't you think ?