Parmi les acteurs qui manquent cruellement au cinéma français, Pierre Richard fait sans nul doute partie du haut du pavé. Trop souvent absent du grand écran, le grand blond et sa chaussure noire méritait bien un film pour lui tout seul. Dommage que cela soit tombé sur une comédie aussi inégale et molle que Victor...
Réalisé par Thomas Gilou, qui avait su nous toucher avec son précédent film Michou d'Auber, Victor se veut une comédie brossant une multitude de sujets parfois pertinents, la place des personnes agées dans la société, ou insipides, la puanteur de la presse people. Par manque d'adresse, le film souffre de nombreuses carences et se révèle finalement pas aussi drôle que ce qu'il aurait dû être. La faute à une mise en scène fade et à une absence totale de parti pris. Et c'est d'autant plus dommage que le film bénéficie d'un joli casting et aurait pu prétendre à de meilleures ambitions.
Le pitch, séduisant, met en scène une jeune stagiaire, Alice, venue de province pour apprendre le journalisme dans un magazine people. Touchée par l'expulsion d'un vieillard, Victor, dans son immeuble, Alice propose au journal d'organiser un concours qui permettra au gagnant de remporter 150 000€ ainsi que l'adoption de Victor ! Accueilli par une famille du 15ème arrondissement parisien, le papy octogénaire va se révéler être un véritable trublion manipulateur...
La meilleure idée de Thomas Gilou réside très probablement dans l'attribution du rôle à Pierre Richard. Un rôle à contre-emploi pour l'acteur dans la mesure où il ne s'agit plus d'un maladroit, ni d'un naïf mais d'un manipulateur marginal aux contours très flous. Dommage cependant que ce rôle de vieillard arnaqueur ne soit pas mieux mis en lumière. Tout comme celui de cette jeune provinciale (Sara Forestier) venue à Paris faire un stage de journalisme dans la presse people ou encore de ce couple (Clémentine Célarié / Antoine Duléry) du 15ème qui adopte, à reculons, Victor.
Victor est décevant surtout parce qu'il aurait pu se révéler être une très bonne surprise. Son intrigue avait tout de la comédie italienne à la Comencini ou Risi, celle qu'on aime et qui ne pardonne rien à ses personnages. Au lieu de cela, on se retrouve avec un ton un peu trop consensuel, sans prise de risque, autrement dit sans relief.