Sauter dans une piscine vide que l’on croyait remplie de billets vert, ça doit faire mal au derrière. C'est la douleur que doit ressentir les pontes de Konami qui viennent de revoir leur prévision financière à la baisse.
Avec un plongeon estimé à 81,6%, l'année fiscale 2009 s’annonce critique pour l’éditeur nippon, faute à un line-up des plus moroses voir carrément moisi de l’intérieur. A cet égard, on soulignera que la maison mère japonaise n’a développé aucun jeu en interne en 2009. Alors que l’année précédente, la firme avait pu réaliser de belles performances financières grâce, en très grande partie, aux bonnes ventes de Metal Gear Solid 4. Mais l'année 2009 n'est pas à la bonne de Konami dont la dernière mouture de Pro Evolution Soccer s'est gentiment faite taclée par FIFA 10.
Au final le profit de Konami passe de 1,3 milliard de dollars à 24.4 millions ! Une chute terrible dont les répercussions sont à prévoir : les actionnaires d'une part vont tirer la gueule puisque leur dividende va se réduire de manière drastique, mais surtout il va falloir s'attendre à une vague de licenciements, et tout de suite on rigole beaucoup moins. Vous venez de vous faire embaucher chez Konami ? Pas de bol, vous serez le premier à dégager.
Pour autant, Konami n'est pas encore dos au mur puisque l'éditeur peut compter sur des licences fortes qui feront leur grand retour dès l'année 2010 :que ce soit Silent Hill, le prochain Castlevania ou encore le nouveau Rocket Knight Adventure – qui s'annonce bien moisi du bulbe soit dit en passant – mais aussi, et surtout, Metal Gear Solid qui se déclinera sur plusieurs consoles dont la PSP, la PS3 et la Xbox 360. Reste que tous ces jeux ont un point commun assez inquiétant pour l'industrie vidéoludique japonaise : ils sont tous sous-traités à l'étranger et plus précisément en Occident. Et sur le plan créatif, ce n'est pas mieux puisque les jeux originaux semblent avoir été passés à la trappe. Preuve une fois de plus que les éditeurs japonais traversent une grosse crise depuis l'arrivée des nouvelles consoles, encore incapables d'apprivoiser correctement la PlayStation 3 ou la Xbox 360. Reste la Wii qui, malgré sa suprématie sur le marché, a bien du mal à récompenser les jeux des éditeurs-tiers. A quand le sursaut japonais ?