La PSP Go est maintenant disponible partout en Europe mais l'absence de soutien évident de la part des revendeurs continue d'interroger sur l'avenir de la machine. Parmi le flot incessant de critiques à l'encontre de Sony et de son nouveau produit, celui de Don McCabe - directeur de la chaîne de magasins indépendants Chips au Royaume-Uni - est pour le moins expéditif : "Je suis certain à 99% que la PSP Go sera un lamentable échec". Mais pourquoi donc est-il si méchant ?
On sait que le parcours de la nouvelle console de Sony aura été chaotique avant même sa commercialisation. et pour cause, elle a abandonnée le format traditionnel de ses jeux, l'UMD, au profit du téléchargement direct. Conséquence : un manque à gagner pour les revendeurs sur les jeux et donc un désintérêt total de leur part. Don McCabe n'y va pas avec le dos de la cuillères et rejoint l'avis de ses confrères : "la PSP Go n'ira nulle part" (c'est plus drôle en anglais évidemment : PSP no Go). Entendez par là que sans l'appui des revendeurs traditionnels, l'ambition du géant japonais de dématérialiser le contenu sera vaine.
"J'ai vu et étudié la machine sous toutes ses coutures [...] et je ne pense pas que la console ira très loin pour être honnête" dit McCabe. Le directeur s'explique plus longuement sur le sujet et déballe ses arguments. Pour lui, vu le public ciblé et les ambitions de la machine, le potentiel est relativement limité et l'éventualité de faire migrer des possesseurs de PSP vers la plate-forme serait du domaine du fantasme.
Si on lit entre les lignes, on comprend surtout que c'est l'ensemble des revendeurs qui souhaitent l'échec de la PSP Go, ce qui sonnerait comme un symbole de leur victoire sur la quête de dématérialisation, et qui prouverait surtout aux constructeurs que le succès d'une console est en grande partie déterminée par le soutien que lui apporte les magasins spécialisés.
Plus globalement, McCabe se prononce sur le principe du téléchargement en ligne en prenant pour exemple les produits de Apple, l'iPhone en tête : "Tout le monde entend Apple annoncer deux milliards de téléchargement. Bien, mais réalité je dirais que 70% de ces téléchargements sont gratuits. Et parmi les quelques téléchargements payants, la grande majorité sont facturés quelques pennies seulement". Pour McCabe, il apparaît évident qu'au final, les développeurs et éditeurs-tiers sont perdants dans l'histoire : "le succès de Apple n'est un succès que pour Apple pas pour les autres". Un point discutable quand on voit le développement toujours plus important consacré par de nombreux studios sur l'iPhone.
Tout ça pour dire finalement que Sony n'a pas adopté une bonne stratégie pour la PSP Go et qu'elle ne sera bientôt qu'un lointain souvenir. Si sur certains points le discours de McCabe n'est pas faux, il a néanmoins le défaut de mélanger analyse "objective" et volonté personnelle. Que McCabe veuille la mort de la PSP Go est clairement perceptible, que sa volonté se réalise est encore une autre histoire.
Toujours est-il que Sony semble apparemment satisfait des premiers résultats de la console mais s'est bien gardé de donner les premiers chiffres.