La très controversée loi HADOPI a beau avoir été adoptée dans le chaos le plus total au sein des députés, il n'empêche qu'elle est désormais une réalité. Nombreux sont ceux qui ne la soutiennent pas, et avec raison, aussi n'est-il pas étonnant de voir fleurir des sites entièrement voués à dénoncer l'impossibilité de mettre en application cette loi aberrante. Et parmi eux se trouve Jaimelesmajors.org, un titre ironique bien évidemment qui souligne l'omniprésence des grandes majors derrière la loi HADOPI.
Le site a beau être encore en construction, il attire déjà beaucoup de monde et suscite de nombreuses réactions. Son nom d'une part est une flèche lancée en direction non seulement des majors mais aussi et surtout des maître d'oeuvre qui ont pondu la loi HADOPI. Comme il l'explique, le webmaster souhaite ridiculiser cette loi en publiant les contributions des internautes de toutes les contrées :
"En reponse a l'ignorance de nos legislateurs qui votent des lois absurdes sur des
sujets qu'ils ne maitrisent pas, ce site (ndlr : jaimelesmajors.org) a pour but de ridiculiser la loi HADOPI.
Ce site va publier toutes les methodes LEGALES qui mettent en echec la loi HADOPI
L'objectif est d'exploiter l'incompetence de ceux qui soutiennent cette loi, pour
les ridiculiser a leur propre jeu, et que leurs noms soient associes a l'echec le
plus cuisant de tentative de controle d'Internet et de suppression de nos droits.
Je publierai les contributions des internautes que je jugerai interessantes et je
prendrai les mesures adequates pour conserver leur anonymat. N'hesitez donc pas a
me contacter si vous voulez aider. Les informations qui figurent sur ce site sont
en partie des contributions externes, je ne suis pas a l'origine du logo, je n'ai
pas non plus ecrit certains des documents qui seront publies ici dans les jours a
venir. Sauf demande explicite des contributeurs, je ne les nommerai pas et me poserai comme seul responsable de ce qui est publie sur ce site.
NOTE
Notre gouvernement veut mettre sur ecoute nos communications et se donne le droit
de lire nos emails et nos discussions privees. Je travaille a la mise en place d'
un ensemble de services *LEGAUX* permettant de passer outre leur surveillance par
le biais de relais securise. Plus d'informations dans les semaines a venir.
Ces services seront GRATUITS, une association sera montee pour permettre a ceux
qui le veulent de faire des donations dont la comptabilite sera transparente et
publiee. Mais dans tous les cas je me poserai en principal donateur et ferai en
sorte que le service tourne meme sans donations."
En savoir plus : www.jaimelesmajors.org
HADOPI pour les nuls
Pour rappel, la loi HADOPI a été (re)votée au début du mois. Son but consiste à sanctionner le téléchargement illégal sur internet via un système de riposte gradué qui bloquera l'accès au web au foyer soupçonné d'effectuer des téléchargement illégaux. Le problème étant que d'une, ces ripostes ne passeraient pas par le tribunal et que donc la personne soupçonnée ne pourrait se défendre si il s'agit d'une erreur (la présomption d'innocence laisse donc la place à la présomption de culpabilité). Les suspects verraient donc la connexion internet de leur foyer coupée durant une période pouvant varier de 3 à 1 an (ou plus suivant les cas et les récidives) mais seraient contraints de continuer à payer leur abonnement auprès du fournisseur d'accès. Vous noterez bien évidemment que la personne fautive ne sera pas la seule sanctionnée puisque les autres habitants de son foyer, innocents ou pas, paieront également la note. On peut donc affirmer que cette loi est liberticide sur le principe puisqu'elle coupe des citoyens innocents de l'accès à un média et un moyen de communication devenu aussi indispensable dans notre société que le téléphone (il n'y a qu'à voir la plupart des démarches administratives uniquement possibles par internet).
Pour justifier la création de cette loi, le gouvernement a prétexter que c'était un moyen de protéger les droits des artistes contre le phénomène du piratage. Une solution qui avait été plus que soufflée par les grandes majors et qui sert avant tout leurs propres intérêts au détriment de ceux des artistes. Car la réalité est que internet est une plate-forme qui nuit à la suprématie des majors et des grands groupes de distribution. Et ce non pas à cause du téléchargement illégal mais tout simplement parce qu'elles ne maîtrisent pas du tout les méthodes de distribution légales sur le net. En effet, leurs profits est basé en très grande majorité sur la vente des albums. Albums qui, soit dit en passant, ne rapportent quasiment rien aux artistes (exceptés pour les artistes également producteurs de leur album, mais c'est rare) ! Ces derniers vivent surtout de la scène et de leurs droits d'auteur lors des diffusions radios, télé, etc.
Mais même si il vrai que le téléchargement illégal est une réalité, en faire le seul et unique responsable de la chute des ventes de disque est un doux mensonge. D'une part, les estimations des majors sur leur manque à gagner est difficilement chiffrable et donc vérifiables mais surtout est-ce une véritable solution pour faire remonter les ventes de disques (ce qui est censé être le but de cette loi) ? La réponse est bien évidemment négative. Et les effets d'une telle loi pourraient même être contraire aux effets escomptés. A cela s'ajoute la mise en place concrète de la loi qui est techniquement irréalisable mais qui surtout coûtera très cher au contribuable français. Et tout ça pour aboutir à un système qui ne fonctionnera pas, en plus d'être liberticide et dangereux pour la protection des artistes.
Enfin cette loi paraît injuste pour une autre raison, plus fondamentale encore, qui concerne la nature de Internet. Internet est plus qu'un média, c'est aussi un moyen de communication, d'échange, d'espace de travail. Réduire son utilisation au téléchargement est non seulement une erreur grossière mais également irrecevable pour la simple et bonne raison que le réseau ne se limite pas simplement à de la vidéo et de la musique. Que les majors se sentent menacés par internet est une chose tout à fait compréhensible mais que dire alors de la presse papier ? des librairies indépendantes ? De tous ces secteurs qui voient leur existence remise en question par la nature même d'internet. Pourquoi eux n'auraient-ils pas le droit d'être "protégé" ? La loi HADOPI posera plus de problèmes que de solutions et pour mieux approfondir le débat vous pourrez vous rendre sur le site Jaimelesmajors.org mais aussi sur Numerama.com qui fait office de véritable relais en temps réel des news sur HADOPI et les autres atteintes à la liberté informatique (dont la future loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi)).