L'erotisme aussi a son histoire. Mais étrangement les musées qui lui sont dédiés ne brillent pas par leur quantité. Pourtant, il suffit de faire un tour à Berlin pour visiter l'un des plus grands espace au monde entièrement consacré à l'érotisme sous toutes ses formes...
Si vous passez par Berlin, arrêtez-vous dans le plus grand musée érotique du monde, au coeur de la ville. Organisé sur trois étages, vous y trouverez forcément ce que vous cherchez, ou ne cherchez pas, tant l'éventail d'objets, gravures et documents est vaste. Ce musée a été créé en 1996 par la célèbre Beate Köstlin (de son vrai nom Beate Rotermund-Uhse), très connue en Allemagne pour avoir ouvert le premier sex shop au monde en 1962.
Je sors donc de l'U-BAN, le métro Berlinois, à la station Zoologischer Garten. Il est 22h10. Le musée est indiqué à quelques dizaines de mètres de là. Je traverse une galerie de néons pleine de vendeurs de hot dog et autres sex shops criards quand j'aperçois bientôt la devanture du musée, non moins aguicheuse avec, à son rez de chaussée, une fois encore, un sex shop. Je paie mon ticket, 9 euros, et me voilà dans un ascenseur qui m'emmène au deuxième étage du bâtiment, ne sachant pas très bien à quoi m'attendre. Décidément, Berlin est plein de surprises et son architecture permet d' incroyables découvertes à chaque tournant : l'Erotikmuseum n'échappe pas à la règle.
Le labyrinthe que composent les multiples cloisons supportant gravures, estampes et illustrations n'en finit pas. Tous les continents sont représentés, et toutes les périodes également puisqu'on peut voir aussi bien des statuettes d'arts primitifs que des gravures du XIXème. Des reconstitutions de scènes grandeur nature sont disposées ça et là, entre les présentoirs de bijoux miniatures et de figurines ancestrales.

Les étages sont ensuite reliés entre eux par des escalators pour la descente. Je regrette que parfois les oeuvres ne soit pas assez mises en valeur, à tel point que l'on pourrait presque croire à de mauvaise copies. Le clou du spectacle sont les quelques Hans Belmer, présentés à la toute fin du périple.
Je redescends donc au rez de chaussée à la fin de mon voyage pour découvrir le sex shop de l'entrée. Force est de constater que le contraste avec le musée n'est pas à l'avantage de la boutique. Même si je comprends malgré tout que le musée qui porte le nom de l'inventeuse du sex shop ne peut se passer de cet hommage je pense qu'une sélection peut être plus originale d'articles et de biblots ne serait pas de trop et je ne m'éternise pas.

L' Erotikmuseum de Berlin est à classer dans les musées érotiques les plus riches et les plus vastes. La ville de la décadence d'entre deux guerres reste fidèle à sa réputation. Les images restent, l'impression générale de l'endroit aussi, comme un vrai voyage, comme une expérience, comme un moment à part.